Cette année, nous avons choisi d’habiter l’inconfort.
Comme un geste nécessaire. Dans un monde saturé de certitudes rapides, de récits simplifiés, d’opinions qui s’affirment sans se risquer, nous faisons le pari inverse : celui de rester dans les zones de trouble, d’y tenir, d’y écouter ce qui résiste.
---
Habiter l’inconfort, c’est accepter de ne pas tout comprendre immédiatement.C’est consentir à la complexité, à la contradiction, à l’ambiguïté.
C’est faire une place à ce qui dérange, à ce qui déstabilise, à ce qui fissure nos habitudes de pensée.
Le théâtre est, depuis toujours, cet espace singulier où l’on peut éprouver sans devoir conclure, où l’on peut traverser sans réduire. Un lieu où l’on regarde ensemble ce qui, ailleurs, est souvent évité.
Les artistes que nous accueillons cette saison ne cherchent pas à apaiser. Ils ouvrent des brèches, déplacent les regards, interrogent les évidences. Leurs œuvres nous invitent à entrer dans des territoires incertains — intimes, politiques, sensibles — où quelque chose se joue, se dénoue ou se recompose.
Nous faisons le pari que cet inconfort est fertile.
Qu’il est un lieu de transformation.
Qu’il permet, peut-être, de penser autrement, de sentir autrement, d’être autrement.
Habiter l’inconfort, c’est aussi une invitation.
À rester.
À ne pas se retirer trop vite.
À partager une expérience qui ne se donne pas immédiatement, mais qui travaille en profondeur.
Nous vous invitons à entrer dans cette saison comme on entre dans un espace vivant : avec curiosité, avec attention, avec disponibilité.
À accepter d’être déplacé·e.
À vous laisser traverser.
Et, peut-être, à y trouver une forme nouvelle de présence au monde.